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Casino d'Uriage: le second braqueur présumé remis en liberté sous contrôle judiciarie, le parquet fait appel
09/03 | 04:48 GMT

©AFP/Archives / Jean-Philippe Ksiazek
Le second braqueur présumé du casino d'Uriage-les-Bains (Isère) a été mis en examen, remis en liberté et placé jeudi sous contrôle judiciaire, provoquant la colère des policiers et du parquet qui a fait appel.

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Le casino d'Uriage-les-Bains le 16 juillet 2010
GRENOBLE (AFP) - Le second braqueur présumé du casino d'Uriage-les-Bains (Isère) a été mis en examen, remis en liberté et placé jeudi sous contrôle judiciaire, provoquant la colère des policiers et du parquet qui a fait appel.
Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a exprimé dans un communiqué sa "très vive indignation" par la remise en liberté.
Monsif Ghabbour, 25 ans, est soupçonné d'avoir braqué le casino d'Uriage dans la nuit du 15 au 16 juillet aux côtés de Karim Boudouda, mort dans un échange de tirs avec la police après une course-poursuite. Sa mort avait provoqué trois nuits de grandes violences urbaines dans le quartier de la Villeneuve, où Boudouda a passé son enfance. Lors de ces incidents, les policiers avaient essuyé des tirs à balles réelles.

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Portrait non daté de Karim Boudouba
C'est à la suite de ces incidents que le président Nicolas Sarkozy avait prononcé un discours dans lequel il avait prôné le renforcement de l'arsenal répressif contre les délinquants, notamment la déchéance de la nationalité pour les personnes d'origine étrangère auteurs d'agression contre des représentants de la force publique.
Monsif Ghabbour, multirécidiviste condamné à sept reprises, a été mis en examen pour "vol à main armée" et "tentative d'homicides volontaires". Il avait été interpellé mardi à Voreppe (Isère), à une quinzaine de kilomètres de Grenoble.
La décision de le remettre en liberté a été prise par un juge des libertés et de la détention (JLD) qui est allé à l'encontre des réquisitions du parquet qui avait requis son placement en détention provisoire.
Le parquet a fait appel, sur instruction du ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie. Dans une déclaration à l'AFP, le procureur général de Grenoble, Martine Valdès-Boulouque, a jugé la remise en liberté "absolument inacceptable compte tenu des charges très graves qui pèsent" contre M. Ghabbour.

©AFP/Archives / Philippe Merle
Des jeunes hommes, le visage caché, font face à la police, le 17 juillet 2010 dans le quartier de Villeneuve, à Grenoble
Synergie (second syndicat d'officiers de police) a parlé d'"acte de forfaiture". "Les policiers sont écoeurés", a déclaré à l'AFP Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat. Nicolas Comte, secrétaire général d'Unité police SGP-FO (premier syndicat des gardiens de la paix) a exprimé à l'AFP "le ras-le-bol" des policiers en se demandant s'ils "devaient encore prendre des risques pour interpeller les truands". "C'est inadmissible, intolérable et scandaleux", a déclaré enfin Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint d'Alliance (Second syndicat de gardiens de la paix) qui a accusé "certains magistrats" de se livrer "à une croisade anti-policière".
L'avocat de Ghabbour, Me Denis Dreyfus, a salué une décision "exemplaire" du juge considérant à l'inverse que "le dossier" visant son client "est vide au niveau des éléments à charge" et n'est que "celui de la rumeur".

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Photo prise le 31 août 2010 à Voreppe dela façade de l'immeuble dans lequel le second braqueur présumé du casino d'Uriage-les-Bains (Isère) a été interpellé
Le juge des libertés a exigé que Ghabbour réside chez son frère, pointe deux fois par semaine au commissariat, ne se rende pas dans le quartier de la Villeneuve et ne rencontre aucune des personnes citées dans la procédure.
"Cette affaire démontre une nouvelle fois que certes, la protection de nos concitoyens doit passer par l'action déterminée et très professionnelle de la police et de la gendarmerie, mais impose aussi des décisions de justice mettant effectivement les délinquants hors d'état de nuire", a souligné le ministre de l'Intérieur en conclusion de son communiqué.
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