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Policier tué: une méprise sur la vidéo ne remet pas en cause la piste ETA

20/03 | 11h50 GMT

Cinq hommes identifiés sur des images vidéo comme des membres présumés de l'ETA impliqués dans le meurtre d'un policier français en région parisienne sont en fait des pompiers catalans en vacances en France, ont indiqué les médias espagnols citant le gouvernement catalan et les pompiers.

Emblème et sigle de l'ETA sur le mur d'une maison en Navarre, en mars 2006

PARIS (AFP) - Les polices espagnole et française ont commis une méprise en croyant identifier sur une vidéo des etarras dans de simples pompiers espagnols en stage en France mais ont réaffirmé samedi la responsabilité de l'organisation indépendantiste basque ETA dans la mort d'un policier français mardi.

Les polices française et espagnole avaient diffusé vendredi auprès des médias les images vidéo de cinq personnes présentées comme des membres de l'ETA, obtenues par des caméras de surveillance d'un supermarché de Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne) avant le meurtre du policier qui a eu lieu mardi soir.

La vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega, a admis une "confusion" concernant cette vidéo, samedi dans une interview à la radio privée espagnole Cadena Ser. "On doit regretter la confusion qui s'est produite. Mais une fois cela dit, le plus important est de continuer à travailler comme nous l'avons fait, avec la détermination qu'ont la France et l'Espagne" à combattre l'ETA, a déclaré Mme de la Vega.

Elle a assuré que les membres du commando présumé de l'ETA qui a tué le policier français seraient retrouvés tôt ou tard: "Nous allons les retrouver, aucune échappatoire n'est possible".

Carte montrant les arrestations de membres de l'ETA en 2009 et 2010 en France

Alerté par des proches, les pompiers désignés à tort ont contacté la police espagnole qui leur a conseillé de se rapprocher des policiers français. "Il ne s'agit pas a priori de gens de l'ETA, mais de pompiers catalans qui sont en stage en France et qui sont actuellement en cours d'audition au commissariat de Melun", où ils se sont présentés d'eux-mêmes, a précisé à l'AFP le Directeur général de la Police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard.

Cette méprise "ne remet absolument pas en cause l'implication de l'ETA dans les faits", a-t-il dit, ajoutant que "la personne arrêtée est un militant avéré de l'ETA : il le reconnaît, ses empreintes le désignent, il était en possession d'une arme qui provient du vol à main armée de Vauvert" (localité du Gard où 350 armes à feu avaient été volées par un commando ETA en 2006).

L'enquête continue et passe "par l'exploitation des quelques 600 scellés qui ont été faits" dans cette affaire, notamment des "empreintes digitales, de traces génétiques (ADN), de douilles, en particulier de neuf millimètres et d'autres calibres dont certains plus gros", a ajouté le directeur précisant "l'appel à témoin (de vendredi) reste quand même valable, puisque en dehors des cinq sur la vidéo, nous avons fait passer deux photos de terroristes avérés de l'ETA, d'une part celui qui a été arrêté et d'autre part un autre qui, lui, a été reconnu par les victimes du vol à main armée".

Joseba Fernandez Aspurz le 17 mars 2010 après son arrestation à Paris

La garde à vue du suspect arrêté lors de la fusillade de mardi a été prolongée jeudi soir de 48 heures supplémentaires. Elle est susceptible de durer jusqu'à samedi soir.

A l'issue de cette garde à vue, le suspect, né en 1983, devrait être déféré samedi au parquet avant sa présentation à un juge d'instruction antiterroriste en vue d'une mise en examen puis d'un placement en détention provisoire.

Selon une source judiciaire espagnole, l'homme arrêté est Joseba Fernandez Aspurz, 27 ans, poursuivi pour des violences urbaines perpétrées par des groupes radicaux de jeunes indépendantistes basques, en mars et septembre 2008.

Les obsèques du policier tué par l'ETA près de Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne) auront lieu mardi en présence du président Nicolas Sarkozy et du chef du gouvernement espagnol, Jose Luis Zapatero, tandis que l'émotion est très vive dans la police.

Les syndicats de police ont appelé les fonctionnaires de tous grades, du gardien de la paix au commissaire, à des "rassemblements devant leurs services" à l'heure des obsèques et au port d'un crêpe noir en signe de deuil.

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