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News Press
01/09/2010 12h53
L'esprit du jeu, exposition d'oeuvres du Frac Bretagne en Corée
Le Frac Bretagne, créé en 1981, constitue une collection, actuellement riche de plus de 3000 oeuvres, qui témoigne de l'évolution et de la diversité des démarches artistiques actuelles et qui se développe selon des axes thématiques volontairement ouverts. Pour répondre à l'invitation du Musée d'art Gyeongnam, en Corée, l'exposition L'esprit du jeu, réalisée à partir de la collection du Frac Bretagne, prend un chemin buissonnier pour s'intéresser aux relations nouées entre l'art et le jeu.
Le jeu et l'art ont en commun d'être inséparables de l'activité humaine et de, l'un et l'autre, construire des mondes qui, pour un temps et un espace donnés, érignet leurs propres règles, soustraites à la loi commune. Le jeu en tant que vocabulaire, structure, modèle de fonctionnement, inspire la démarche de nombre d'artistes contemporains.
L'esprit du jeu, souvent teinté d'humour - et les notions qui lui sont attachées de plaisir, de gratuité, d'improductivité - est celui qui relie l'âge adulte à l'enfance. Appropriation, décalage, simulacre, inversion des rôles, en constituent certaines formes, l'artiste proposant au spectateur une interaction selon des gammes variées. L'esprit du jeu est aussi celui du divertissement, de l'amusement comme une autre facette de l'apprentissage.
Les généreux espaces du Musée d'art Gyeongnam permettent de déployer et d'organiser cette exposition comme un jeu non de sept mais de cinq familles de l'art contemporain. L'esprit du jeu compte 153 oeuvres de 45 artistes, invitant à une lecture traversière de la collection du Frac Bretagne, mettant également en valeur les oeuvres d'artistes nationaux, internationaux ou directement basés en Bretagne.
Recréation / récréation
L'alitération suggère dans la langue française les liens qui existent entre le fait de recréer, de refaire et la récréation, moment de détente et de repos. La copie, la reprise, l'appropriation et l'imitation sont autant les formes de l'apprentissage que de la création artistique. Dans cette section sont présentées des oeuvres de Guillaume Janot, Etienne Bossut, Emma Kay, Tony Matelli, Bernard Piffaretti, André Raffray, Sarkis, Sturtevant, Bernard Voïta.
Les lettres déchiffrées
Innombrables sont les jeux, solitaires ou de société, qui s'organisent sur les combinatoires de mots, l'entrelacement et l'éclatement des lettres, les glissements sémantiques, les doubles sens ou les passages d'un langage à l'autre. Ce sont là les pistes explorées par Art Keller, Mel Bochner, Jean Dupuy, Ceal Floyer, Raymond Hains, Yvan Le Bozec, Jean Le Gac, David Mach, Etienne Pressager, Julien Prévieux, David Shrighley, Vacques Villeglé, qui constituent un deuxième ensemble de l'exposition.
Un jeu d'enfant
Le temps de l'enfance est celui des contes et des fables, là où les animaux deviennent les porte-parole des humains, un monde enchanté où l'on peut faire semblant d'être un autre, jouer les aventuriers, les magiciens, les princesses ou encore les conservateurs d'un musée encyclopédique, où l'on peut aussi jouer tous les rôles à la fois comme le font Vasco Araùjo, Jean-Yves Brélivet, Gérard Collin-Thiébaut, Gabriele Di Matteo, Harrell Fletcher, Jean Le Gac, N.E. Thing CO., L Nicola, Pascal Rivet, Yann Sérandour, David Zérah.
Jeux de construction
Tout un pan de l'art de ces cinquante dernières années, héritier du constructivisme et rassemblé schématiquement sous le vocable d'abstraction géométrique, est organisé par des règles strictes, les lois de la mathématique, et gouverné par l'esprit de système même si, parfois, un grain de sable, autrement dit le hasard, vient gripper la machine. Ainsi Patrice Carré, Daan Van Golden Julije Knifer, Vincent Mauger, Vera Molnar, François Morellet, Aurelie Nemours, François Perrodin, nous invitent-ils à méditer le paradoxe d'un art systématique générateur de dynamisme et d'invention.
La règle du jeu
Dans un registre très différent quoique soumis de même à la contrainte, certains artistes érigent une règle ou une succession de règles précises qui sont la condition de l'existence de l'oeuvre. Un modus operandi que l'artiste s'applique à lui-même, aux protagonistes quand l'oeuvre est collective, ou encore aux spectateurs selon un part variable d'interactivité. Ici les maîtres du jeu sont Marcel Dinahet, Jean-Philippe Lemée, Gilles Mahé, Yavn Salomone, Yves Trémorin.
Exposition du 26 août au 24 octobre 2010. Gyeongnam Art Museum, Corée.
Fonds Régional
d'Art
Contemporain
Bretagne
3, rue de Noyal
35410
Châteaugiron



