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01/09/2010 12h10

Le mandat de la FINUL unanimement prorogé par le Conseil de sécurité de l'ONU

Le Conseil de sécurité a décidé, hier après-midi, de proroger jusqu'au 31 août 2011 le mandat actuel de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL).

En adoptant à l'unanimité sa résolution 1937 (2010) dans laquelle il salue le rôle positif de la FINUL, dont le déploiement, renforcé en 2006 avec l'armée libanaise, a contribué à créer un nouvel environnement stratégique dans le sud du Liban, les membres du Conseil de sécurité ont suivi la recommandation que leur faisait le Secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, dans une lettre adressée au Président du Conseil de sécurité

Dans cette lettre, M. Ban fait référence aux échanges de tirs entre les forces armées libanaises et les Forces de défense israéliennes survenues le 3 août 2010 dans le voisinage d'El Adeisse, qui ont fait quatre morts. Il voit dans cet incident le plus grave entre les deux forces armées depuis l'adoption de la résolution 1701 (2006) le signe de la manière dont une « situation relativement stable et sûre, que la FINUL avait aidé à établir dans le Sud-Liban en coopération avec les forces armées libanaises, peut brutalement changer ». Estimant « indispensable que la communauté internationale aide l'armée libanaise à devenir un organisme militaire plus efficace, doté des ressources nécessaires pour assumer ses responsabilités, notamment le long de la Ligne bleue », M. Ban, qui rappelle que l'objectif à long terme de la FINUL est de transférer progressivement les responsabilités qu'assume actuellement la Mission, sur terre et en mer, à l'armée libanaise, recommande au Conseil de proroger le mandat de la FINUL pour une nouvelle période de 12 mois prenant fin le 31 août 2011.

Dans la résolution adoptée hier après-midi, le Conseil exprime toutefois sa vive préoccupation face à toutes les violations liées à la résolution 1701 (2006), et en particulier celle du 3 août, qualifiée de « grave », et dit attendre avec intérêt l'achèvement rapide de l'enquête de la FINUL afin que de tels incidents soient évités à l'avenir. Il demande énergiquement à toutes les parties intéressées de respecter la cessation des hostilités, de prévenir toute violation de la Ligne bleue et de respecter celle-ci dans sa totalité, et de coopérer pleinement avec l'ONU et avec la FINUL.

Le Conseil de sécurité, qui prie instamment toutes les parties de coopérer pleinement avec lui et avec le Secrétaire général pour réaliser des progrès tangibles vers un cessez-le-feu permanent et une solution à long terme, tel qu'envisagé par la résolution 1701 (2006), souligne que les parties doivent faire plus pour progresser vers la pleine application de la résolution 1701 (2006). Le Conseil engage le Gouvernement israélien à accélérer sans plus tarder le retrait de son armée de la partie nord de Ghajar, en coordination avec la FINUL, et demande à nouveau que soit établie, entre la Ligne bleue et le Litani, une zone d'exclusion de tous personnel armé, biens et armes autres que ceux déployés dans la zone par le Gouvernement libanais et la FINUL.

Après l'adoption de la résolution, le représentant du Liban, M. Nawaf Salam, a remercié le Conseil de sécurité pour avoir accepté de reconduire le mandat de la FINUL pour un an et sans changement dans son mandat. Il a également remercié la FINUL et les États qui la composent pour leur contribution à la stabilité dans le sud de son pays.

Le représentant d'Israël, M. Waxman, a dit qu'il se félicitait de la prorogation du mandat de la FINUL et s'est dit attaché à la pleine application de la résolution 1701. Mais il a ajouté que de « graves défis à la paix et la sécurité risquent d'empêcher la pleine application » de cette résolution, avant de dénoncer le renforcement des capacités militaires du Hezbollah, qu'il a jugé possible du fait de transferts importants d'armes vers le Liban qui se font en violation de l'embargo sur les armes à destination de ce pays. Le réarmement du Hezbollah met en péril le Liban lui-même et la paix au Moyen-Orient, a affirmé le représentant, qui a estimé que la FINUL devait rester vigilante et prendre toutes les mesures nécessaires pour remplir son mandat. Les forces armées libanaises doivent se dissocier clairement des éléments radicaux, a-t-il ajouté. Le représentant d'Israël a ensuite fait référence au « grave incident » du 3 août et a rappelé que, selon la conclusion du rapport de la FINUL, ce sont les forces libanaises qui en sont à l'origine. Ce genre d'incident ne doit pas se reproduire, a-t-il averti. Il a toutefois jugé que la présence de la FINUL jouait un rôle indispensable dans le maintien de la stabilité dans le sud du Liban.

Le représentant du Liban a alors repris la parole pour rappeler que le renforcement de la FINUL s'était fait suite à « l'agression israélienne » de 2006 qui, a-t-il affirmé, se poursuit encore aujourd'hui. Israël se dit attaché à la pleine application de la résolution 1701, mais, comme le rappelle le Secrétaire général dans son rapport de juillet 2010, les avions israéliens continuent de violer l'espace aérien libanais et les termes de la résolution 1701 pratiquement tous les jours, a poursuivi le représentant, qui a également dénoncé la ligne de bouées installée en mer par Israël, également en violation de la résolution 1701. Comment, avec de tels agissements, Israël peut-il prétendre vouloir appliquer pleinement la résolution 1701? a demandé le représentant, qui a également dénoncé la poursuite de l'occupation, par Israël, de portions du territoire national libanais, ainsi que les incursions d'espions et les déclarations de différents dirigeants israéliens. Il a affirmé regretter l'incident du 3 août, et a estimé qu'il fallait en tirer les enseignements, notamment en respectant pleinement la « Ligne bleue » comme, a-t-il affirmé, le Liban l'a toujours préconisé. L'incident montre aussi qu'il est indispensable de renforcer encore plus la coopération avec la FINUL, a conclu le représentant.


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