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News Press
01/09/2010 12h00
Parlement Européen/Pakistan : La saison des ouragans continue, une aide accrue est nécessaire
La commissaire européenne en charge de l'aide, Kristalina Georgieva, a indiqué aux députés de la commission pour le développement que la situation du Pakistan pourrait s'aggraver au cours des prochaines semaines en raison des conditions climatiques. Les députés ont indiqué à la commissaire que l'aide de l'UE aux régions dévastées par les inondations doit faire l'objet d'une meilleure coordination et d'une visibilité accrue sur le terrain.
Rentrée fraîchement du Pakistan, Mme Georgieva, commissaire européenne en charge de la coopération internationale, de l'aide humanitaire et de la réponse aux crises, a déclaré devant les députés que "la situation pourrait s'aggraver malgré le léger reflux des eaux constaté ces derniers jours".
"Je ne suis pas convaincue que le plus fort de la crise soit derrière nous. La crise continue de progresser" a-t-elle souligné, en évoquant la situation précaire de 800 000 personnes actuellement isolées, car cernées par les eaux. Le Nord du Pakistan a été doublement touché, tout d'abord par le conflit en Afghanistan, ensuite par les inondations.
Selon des chiffres récents de source pakistanaise, 17,6 millions de personnes sont touchées par les inondations, 8 millions d'entre elles ont besoin d'une aide immédiate et les cultures ont été détruites sur 3 millions d'hectares, a précisé la commissaire. "Le pays a un besoin urgent de semences et de machines agricoles pour préparer la saison prochaine".
"Combiner l'assistance (denrées alimentaires, eau, médicaments, logements) avec un redressement rapide du pays constitue notre objectif actuel" a-t-elle ajouté.
Renforcer le mécanisme de coordination de l'aide
Au cours du débat, les députés ont exprimé leur soutien unanime envers l'action menée jusqu'à présent par la commissaire européenne, tout en soulignant la nécessité d'une meilleure coordination et d'une visibilité accrue de l'aide apportée par l'UE sur le terrain.
"L'UE a besoin d'un mécanisme de coordination plus efficace" a indiqué Mme Georgieva, soulignant que le système actuel de coordination entre la Commission européenne et les États membres fonctionne sur une base volontaire. L'Union et ses gouvernements ont dégagé au total près de 230 millions d'euros.
"Un mécanisme renforcé permettrait également d'améliorer la visibilité de l'UE d'une façon générale" a-t-elle précisé en répondant aux questions de Gay Mitchell (PPE, IE), Charles Goerens (ADLE, LU) et Enrique Guerrero (S&D, ES).
Graham Watson (ADLE, UK) a attiré l'attention sur la nécessité de trouver "des procédures plus rapides pour débloquer les aides financières que nous octroyons". Mme Georgieva lui a assuré que les 70 millions d'euros pour lesquels la Commission s'est engagée sont aujourd'hui presqu'entièrement affectés.
La dette du Pakistan et les barrières commerciales de l'UE
Jean Lambert (Verts/ALE, UK), présidente de la délégation du PE pour les relations avec l'Asie du Sud, a soulevé la question de la dette pakistanaise qui est "supérieure à l'aide dont le pays va bénéficier". "Nous devrions envisager une annulation de la dette de ce pays ou alors, au moins, l'établissement d'un moratoire pour son remboursement".
"L'UE devrait abaisser ses barrières commerciales à l'encontre des produits pakistanais" a déclaré Sajjad Karim (PPE, UK). Cela pourrait aider le Pakistan dans sa lourde mission de reconstruction du pays". Mme Georgieva a déclaré: "nous sommes disposés à débattre de cette question, toutefois, la réciprocité sera de mise".
Changement climatique et résilience accrue du Pakistan
La commissaire Georgieva a également rappelé que le Pakistan est considéré par les climatologues comme une région "extrêmement vulnérable aux changements climatiques". "Nous devons aider le Pakistan à améliorer sa résilience dans le futur", a-t-elle déclaré à Vittorio Prodi (ADLE, IT) et Kriton Arsenis, (S&D, EL).
Démocratie et extrémisme
Enfin, répondant aux questions des députés PPE Andrey Kovatchev (BG) et Elmar Brok (DE) concernant une exploitation possible de la situation par les extrémistes de la région, la commissaire a indiqué que "si l'aide parvient aux personnes qui en ont besoin, elle sera un moyen de lutte contre l'extrémisme".



